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Essai Audi S3 2020, la dernière de sa génération?

Celle qui a ouvert le segment des compacts sportives haut de gamme s’offre à nous pour un essai sur nos belles routes de montagne dans sa dernière version. 3, 2, 1,gazzzzzzz!!!

L’Audi S3 fait partie des Audi qui, avec le TT et le S4, m’ont fait entrer dans le monde des 4 anneaux au début des années 2000 et ne me quitte plus depuis. C’est donc avec une certaine envie que nous découvrons cette quatrième génération après 21 ans de carrière ponctuées de nombreuses évolutions. L’installation à bord ne nous dépayse pas vraiment après avoir déjà essayé la dernière génération de l’Audi A3 (voir notre article) mais ce petit levier de vitesses avec seulement 3 positions sans possibilités de passer en séquentiel nous étonne toujours autant, surtout après avoir parcouru plus de 30 000 km avec une Octavia RS et sa boîte DSG 7 rapports où je n’utilise que le levier en séquentiel malgré la présence des palettes au volant pour garder ce geste qui me manque tant, il faudra quelques dizaines de kilomètres pour l’oublier avec cependant l’avantage d’améliorer l’intégration du levier dans l’habitacle et libérer de l’espace.

Le design sportif de l’intérieur se traduit par les incrustations décoratives dont le design évoque la coupe des phares en aluminium ou en carbone Atlas. Les bouches d’aération forment une seule unité avec le dessus de l’instrumentation tournée vers le conducteur. L’écran numérique de 10,25 pouces est proposé de série avec la possibilité de passer sur la version « plus » en option (sur notre modèle) avec une diagonale de 12,3 pouces chacun. A cela s’ajoute l’écran tactile de 10,1 pouces au centre du tableau de bord reconnaissant les lettres saisies à la main et fournit un retour acoustique. Le volant d’origine est le Sport multifonctions plus 3 branches avec méplat et palettes  mais il est aussi possible de commander gratuitement le volant cuir de forme toute ronde comme notre modèle d’essai.

Les sièges sport à l’avant sont identiques en forme à l’A3 en finition S line avec cependant le logo S supplémentaire sur le dossier. Le toit panoramique qui s’installe en usine contre 1400 euros à la commande apporte de la luminosité dans l’habitacle mais dit adieu à l’ensemble du toit en noir à l’extérieur, seule la bande avant permet de l’intégrer entre le pare-brise et la vitre qui n’est d’ailleurs plus si panoramique que cela.

Prenons donc enfin la route! Au démarrage, le 2.0 TFSI se réveille gentiment et je pars en mode Comfort pour une fois. La direction est particulièrement souple, peut-être même un peu trop à tel point que le premier rond-point va vous surprendre, il faut vraiment un sacré temps d’adaptation pour ne pas mettre trop de volant dans les virages… Le Drive Select propose la multitude de modes habituels mais il serait peut-être préférable de passer sur le mode Individual avec la direction en mode Dynamic tout en gardant le reste en mode Comfort lorsque vous souhaitez aborder la route avec sérénité et calme, c’est certainement la meilleure façon de rouler cool. Disons que de toute façon, une S3 se vit en Dynamic autant que possible car c’est là que le S3 se révèle le mieux sur la route avec les suspensions pilotées de notre modèle en option.

Notre modèle est équipé de jantes 19 pouces optionnelles (2230 euros) chaussées en 235/35 R19 mais, Savoie oblige, en pneumatiques hiver par la concession. Cela va donc influer sur le comportement de la voiture. Je le sais, un pneumatique hiver travaille plus par sa gomme et apporte un peu plus de flou en entrée de virage, mais l’avantage est que je peux monter en station sans arrière-pensée sur des routes glissantes et des températures proches de 0. Justement le comportement routier, parlons-en! Je prends la direction d’un col que je pratique régulièrement d’une façon assez sportive, les routes sont particulièrement glissantes avec la présence de nombreux graviers suite aux intempéries dernières et il faut parfois être très réactif pour éviter certains pièges (trous, cailloux,…).

Le S3 se montre agile, le train avant se place au premier coup de volant avec un petit flou au départ que je mets sur le compte des pneumatiques de saison, une fois engagé il ne bouge plus de la trajectoire que vous avez choisi pour lui. Ce qui m’a surpris est le train arrière qui, malgré le quattro dernière génération et la plateforme MQB, m’a paru plus subir qu’être actif. En fait, une fois le train avant placé dans une courbe ou un virage serré, on ne sait pas vraiment où se situe le train arrière dans la bataille, il ne remonte pas d’information au conducteur et comme il semble clairement indéboulonnable, il est difficile de jouer même avec les aides déconnectées. Une S doit être facile à piloter pour Audi, peut-être un peu trop.

Le S3 est équipé des étriers de frein laqués rouge optionnel (noir d’origine) ce qui lui apporte ce look un peu sport mais sont-ils aussi bon que beau? Je reste très étonné de mon ressenti à bord de cette S3 pendant mon essai. Rien à signaler à vitesse normale mais dès qu’on tape un peu dedans, j’ai eu cette sensation étonnante à la pédale d’avoir du frein mais sans obtenir le mordant souhaité à bord d’une sportive. La pédale s’enfonce avec toujours le même retour de force mais ça surprend. Notre modèle d’essai avait 2400 km, est-ce un manque de rodage des plaquettes?

Arrêtons-nous donc quelques instants pour contempler le look de notre S3. Comment différencier une Audi S3 de sa soeur la S line avec toutes les options disponibles? Pas grand-chose mais c’est dans l’air du temps chez Audi de rendre les S plus discrètes qu’avant contrairement  aux RS. La différence à l’avant est la calandre spécifique.

Et à l’arrière les 4 sorties d’échappement et le diffuseur. En parlant d’échappement, je vais vous en raconter une bonne. Audi a donné un son quasiment aussi métallique que le fameux 5 cylindres turbo sur certains régimes! Je vous assure que j’ai aussitôt levé le capot pour vérifier qu’un cylindre supplémentaire ne se cachait pas là-dessous. Bon j’en fais peut-être un peu beaucoup mais j’ai fait écouter le son à un ami qui m’a fait exactement la même réflexion. Ce retour intérieur n’est malheureusement réalisé que sur  certains régimes, il disparaît lors de la montée en régime…mais je ne m’en remets toujours pas. On notera également qu’il est dans l’ensemble plus discret du fait qu’Audi a déjà homologué le S3 pour les futures normes  moteur et cela impacte le bruit. Tout se perd malheureusement, ils n’aiment définitivement pas les autos nos politiciens…

Le moteur, il est temps d’en parler non? Avec 310 chevaux et 400 Nm, le 2.0 TFSI reprend les mêmes caractéristiques que la génération précédente mais lui concède 0,2 seconde sur l’exercice du 0 à 100 km/h (4,8 s selon Audi sur le modèle 2020, une broutille en fait). Les normes de pollution auront-elles notre peau? L’installation du FAP n’est pas étranger à cela et comme nous avions pu le ressentir entre le TT 230 chevaux (sans FAP) et le 245 chevaux (FAP), le comportement est plus linéaire et moins sonore. La vitesse augmente rapidement, ça se voit sur le compteur.

En parlant de pollution, notre modèle d’essai est annoncé pour 187 g/km avec toutes les options (jantes 19, toit panoramique,…) ce qui le situe dans la fourchette haute comprise entre 183 et 187 g/km et vous permet de donner à l’Etat entre 6724 et 8254 euros en supplément pour rien (et c’est peu dire). Bon ce massacre automobile passion étant dit, on pourra se consoler sur la liste des options de notre S3: ports USB arrière, affichage tête haute, application décorative carbone Atlas, appuis lombaire à 4 axes pour les sièges avant, Audi Phone Box, Audi Smartphone interface, Audi Virtual cockpit plus, avertissement de changement de voie, Bang & Olufsen, clé confort, climatisation automatique 3 zones, jantes 19, phare Matrix LED, sellerie Alcantara, sièges chauffants, vitrage Privacy et j’en passe en plus des nombreux éléments de série. Le S3, comme la nouvelle A3, est à la pointe de la technologie ce qui oblige quelques secondes pour tout déconnecter à chaque démarrage si vous souhaitez vraiment piloter.

Audi augmente sa palette de couleur sans passer par la case Audi Exclusive avec le bleu Turbo ou le jaune Python pour lequel j’ai un faible sur ces formes. Si on ajoute le pack esthétique noir et les boitiers de rétroviseurs en noir, c’est le top!

Il est temps de conclure sur notre essai de l’Audi S3 version 2020. Comme tous les S de la gamme, nous sommes entre les deux, un peu comme un sportif aguerri mais pas professionnel ni débutant. Le S3 n’est ni parfait ni mauvais, loin de là, peut-être un peu trop facile mais tellement attachante, ni transparente mais pas forcément transcendante, elle est à sa place dans la gamme où l’A3 est la débutante sportivement parlant et la future RS3 la professionnelle. On ne peut pas l’ignorer mais un conducteur qui souhaite vraiment s’impliquer dans une conduite 100% sportive ne va pas forcément l’aimer à la folie. La RS3 permettra alors de boucler la boucle dans la gamme. Et avons-nous apprécié personnellement le S3? Oui si on ne va pas trop loin dans le pilotage, sorte de couteau suisse de la gamme, sa sportivité se présente plus du côté smart que du côté combinaison et casque mais cela fait sa qualité pour tous les jours en profitant d’un certain confort.

Nous remercions la concession Audi Jean Lain Autosport de Chambéry, plus particulièrement Julien Varennes et Cédric Debroux, ainsi qu’Audi France pour l’organisation de notre essai. Photos: Driveshaft.fr

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