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Essai mini road-trip de trois Porsche Cayman GT4

Nous avons tous une passion dans notre vie, du moins je l’espère, mais nous pouvons vivre différemment une même passion. Prenons un exemple au hasard, l’automobile sportive, certains veulent la vivre juste pour le paraître avec le blason du cheval cabré italien (pas mon truc), pour d’autres c’est le plaisir de voir des supercars, hypercars, megaextracars pavaner à droite ou à gauche (pas mon truc non plus), pour d’autres c’est le « plaisir » de se satelliser la tête en ligne droite à bord de saucissons sans châssis posé sur 4 roues énormes qu’il faut brancher pour recharger après quelques accélérations (vraiment mais alors vraiment pas mon truc)…Bon du coup c’est quoi mon truc? La passion pour l’automobile sportive, ou même l’automobile tout court, on la vit à la maison pour le plaisir de piloter une auto, de sentir la voiture vivre sous ses fesses, les retours dans la direction, les odeurs, les retours de l’auto qui vit etc. Du coup, lorsque Louis Bojaruniec, directeur de Jean Lain Heritage, nous propose un road-trip autour du lac du Bourget avec trois rares Cayman GT4 type 981, o, dit  banco!

Oui parce que pour moi, le Cayman GT4 est l’auto qui représente tout ce que j’aime dans l’automobile. Une gueule et un beau cul, un flat 6 qui s’envole dans les tours, une ambiance dans l’habitacle sans en faire trop ou pas assez pour tous les jours, et forcément un châssis qui ne demande que ça et qui s’ennuie si jamais on ne l’honore pas. Forcément, le plaisir d’avoir sous l’objectif ces trois Cayman GT4 (production totale de 2000 exemplaires environ pour le type 981) avec des configurations différentes est déjà un événement exceptionnel parce que ça ne court pas tant les rues que ça en France en dehors de certaines sorties circuit de clubs Porsche ou sur la Nordschleife au pays des Porsche, mais en plus de pouvoir tous les essayer est la belle cerise sur le gâteau.

Rendez-vous est pris devant le show-room où nous attendent nos trois GT4: un bleu Saphir métallisé de 2016, un blanc de 2015 et un argent Rhodium Métallisé de 2016.

Au premier abord, je suis attiré par le blanc parce que je ne suis pas fan du bleu Saphir sur le Cayman et parce que je trouve que ce gris ne rend pas forcément honneur aux galbes des hanches du 981.

Erreur de jugement, si ce gris est en première ligne ce n’est pas pour rien, il n’a pas été mis là par hasard par Louis. Déjà, le soleil donne au final à ce gris de jolis reflets bleutés, ce qui le fait déjà sortir un peu du lot. Et à la question « tu as vu l’intérieur? »,  un « non pourquoi? » s’ensuit et puis le déclic se fait dans ma tête. Pack Clubsport!

C’est le seul des trois à avoir ce pack avec en plus les sièges du 918 Spyder (baquets en carbone avec réglage en hauteur), harnais de sécurité 6 points, extincteur et l’arceau discret mais pouvant être utile.

Le blanc possède les sièges à l’ensemble des réglages réalisables électriquement.

Et le bleu est équipé des sièges à réglages manuels. Certainement pas le meilleur des choix à l’achat face au pack Clubsport, mais peut-être celui le plus judicieux si on n’est pas adepte des baquets carbone ou des 918 Spyder tout en évitant de rajouter du poids par des systèmes de moteurs complexes. Les sièges light sans être les plus light mais dans l’esprit de la voiture sans rajouter une jolie ligne optionnelle à la commande.

Donc ce gris m’est tout spécialement dédié pour cet après-midi de roulage. Je devais officiellement prendre le volant des deux autres GT4 mais mon fessier n’a pas réussi à se décoller des sièges en carbone, désolé pour les deux autres. Déjà ils sont magnifiques, mais en plus on ressent chaque déplacement de l’auto avec précision, chaque bosse aussi par la même occasion.

Juste un élément à ne pas oublier par contre, il ne faut pas trop manger avant de prendre le volant sous peine d’avoir quelques difficultés pour digérer durant les premiers kilomètres tellement on fait corps avec l’auto.

Autre point qui a toute son importance, régler le harnais seulement après le réglage du siège en hauteur, ne faites surtout pas le contraire sinon vous allez le regretter quelques instants au niveau de la boucle de maintien.

Après ces deux détails, c’est parti pour quelques kilomètres cools. Le Cayman GT4 présente une belle souplesse à bas régime, il en est presque trop facile dans la circulation excepté cette pédale d’embrayage ultra virile qui vous rappelle au volant de quoi vous êtes et que ce n’est pas son terrain de jeu. Ce n’est d’ailleurs pas dns cet environnement qu’on s’amuse à son volant mais bien dans celui de la photo ci-dessous…

Première vraie série de virages sur petite route, le flat 6 de 385 chevaux sonne enfin comme il faut et ça lui fait autant de bien à lui qu’à nous de l’entendre s’exprimer derrière notre dos, passé 3500 tr/min c’est la folie pour les oreilles, les rapports s’enchaînent avec cette boîte mécanique que certains pourraient croire anachronique mais qui fait mon plaisir par l’implication et la précision qu’elle demande. C’est raide mais précis et d’une facilité d’adaptation!

Le train avant, issu de la 991 GT3, est d’une précision chirurgicale et les Michelin PS4S qui équipent le gris n’enlèvent rien face aux Cup 2 des deux autres GT4, surtout sur les transitions sec/humide de ce mois de février. On notera juste quelques petites pertes d’adhérence en sortie d’épingles de temps en temps à mettre sur le compte d’un pied droit un peu trop lourd peut-être. Les Michelin PS4S ont cette progressivité dans la communication machine/homme et n’ont rien à envier aux semi-slicks qui auront une meilleure tenue sur piste mais pas forcément les mieux adaptés pour un usage routier régulier.

Quoi qu’il arrive, le GT4 reste prévenant. C’est cet équilibre lié au moteur central arrière qui me fait préférer un Cayman GT4 à une 911. De plus, les dimensions du Cayman en font pour moi la Porsche ultime pour nos cols et certains circuits. Elle n’a pas peur de la 911 qui a pris sérieusement des fesses depuis des décennies et même si l’électronique gomme les défauts du moteur en sac à dos, je ne retrouve pas ce toucher de route sans m’empêcher de prendre du plaisir malgré tout mais avec une petite arrière pensée que je n’ai pas forcément avec un Cayman ou un Boxster.

Une 911 est un beau joujou, j’en veux une aussi mais un Cayman GT4 est pour moi devenu l’essence ultime de la sportive de Zuffenhausen en quelques années. J’ai l’impression de pouvoir passer et me faufiler partout avec un Cayman, plus difficile avec les 911 modernes. D’ailleurs que reste-t-il à la 911? C’est un vaste sujet mais si je ne devais en choisir qu’une, ce serait un GT4. Subjectif je l’avoue et va dépendre du budget alloué à une auto plaisir parce qu’une 911 GT3 RS reste une auto d’un autre monde.

Les routes sinueuses rendent grâce à notre GT4, il faut cependant aller chercher vraiment haut dans les tours pour réveiller les 24 soupapes du 3.8. Je comprends la discussion que j’ai eu avec un ami ayant possédé un 981 GT4 (remplacé dernièrement par une Alpine A110S) sur le fait qu’il fallait taper dedans pour honorer les 385 chevaux et profiter du son de l’échappement, surtout lorsqu’on habite en région parisienne comme lui sans pouvoir profiter trop souvent de nos routes sinueuses. En-dessous de 3500, c’est une voiture presque banale, plus on dépasse, plus on approche des 7400 tr/min et plus on extrait le petit diable qu’elle a en elle et c’est proportionnel à votre sourire qui s’ouvre, s’ouvre..mais s’ouvre! Que c’est bon!

Cependant, il vaut mieux éviter le mode Sport dans les secteurs où vous souhaitez rester discret pour éviter le petit coup de gaz donné automatiquement au rétrogradage et ce côté un peu m’as-tu-vu…à utiliser obligatoirement pour le reste de la balade par contre.

Le bouton de réglage du châssis permet d’affiner la dureté des amortisseurs et joue légèrement sur la dureté ressentie dans la direction. C’est vraiment très fin et ce fut un sujet de discussion dans la voiture parce qu’en passager il est difficile de se rendre compte de la finesse de changement de comportement.

Trois Cayman GT4 ne passent vraiment pas inaperçus dans la circulation.

On essaye de passer sous les radars aussi, c’est peut-être le plus difficile avec ce type d’auto qui ne demande qu’à s’exprimer.

Fin de journée, triste de devoir reposer le GT4 au show-room et de ne pas rentrer à la maison avec un gros détour bien sûr. Avec l’essai du Cayman 718 GT4 l’année dernière au volant duquel je n’avais pas pu exploiter le moteur à 100% à cause de l’explosion probable du sonomètre du circuit, je me rends compte que ces deux versions sont cependant difficiles à départager parce qu’elles gardent la même ligne de conduite, la même essence de pilotage sauf que le 718 perd un peu de finesse moteur à cause du FAP et ce qu’il gagne en puissance le perd en poids supplémentaire. On ne va pas refaire le match de plusieurs magazines, la différence se joue plutôt sur le look (c’est toujours subjectif) et sur la possibilité d’avoir une boîte PDK (mais non quoi…) sur le 718. C’est aussi le budget qui vous guidera et pour cela je vous laisse étudier les modèles disponibles sur le site de Jean Lain Heritage.

On remercie Louis et son équipe pour l’organisation de notre séance photo et l’essai privilégié du Cayman GT4. On vous laisse profiter des plus de 200 photos du plaisir qu’une après-midi de ce type peut procurer. Photos: Driveshaft.fr

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