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Essai Porsche Cayman S versus Porsche Boxster T, duel entre soeurs

La proposition de sortir deux modèles Porsche d’un garage ne se refuse jamais! Louis Bojaruniec de Jean Lain Heritage nous a fait ce cadeau il y a quelque temps à l’occasion d’une séance photo et de l’essai d’un Porsche 718 Cayman S versus un 718 Boxster T, deux modèles différents, deux philosophies, deux façons de se faire plaisir.

Commençons par la présentation du 718 Cayman S 2018. Fort de 350 chevaux tirés du 2.5 et 420 Nm de couple avec une boîte PDK 7 rapports, il culmine aujourd’hui dans la gamme des 4 cylindres Porsche disponible (en neuf) sur le croco avant de passer du côté du GTS et de son 4.0 de 400 chevaux pour un couple sensiblement similaire (la carrière du 718 GTS 2.5 flat 4 365 chevaux ayant été rapidement écourtée avec le passage au flat 6 à partir du GTS). Notre Cayman S sort particulièrement du lot des multiples gris disponibles sur le marché avec son magnifique bleu Miami qu’on aime ou pas mais cela ne laisse pas indifférent et nous en sommes l’exemple puisque j’adore cette configuration mais Mylène n’accroche pas (qui pourtant aime le bleu Riviera sur la 911).

Autre point de désaccord, l’intérieur en cuir bicolore et tissu Sport-Tex. Je trouve qu’il donne cette clarté à l’intérieur tout en assurant une différence avec d’autres Cayman S aux configurations plus traditionnelles. Celui de notre essai assume sa différence jusqu’au bout et j’en suis le premier convaincu (mais toujours pas Mylène), nous sommes entre le sport et la classe.

Le reste de la configuration est particulièrement soigné avec les jantes Carrera S en 20 pouces, le pack Sport Chrono, les suspensions sport PASM de -20 mm, le volant sport GT, le Porsche Torque Vectoring , les sièges sport Plus et le système d’échappement sport argent plus d’autres bricoles moins intéressantes.

La seconde Porsche choisie par Louis pour ce comparatif est la soeur sans toit du Cayman, le Boxster 2019, toujours en 718 mais avec le plus petit moteur disponible sur ces deux versions. Le 4 cylindres 2.0 sort un déficite de 50 chevaux comparé au 2.5 et ne développe « que » 380 Nm de couple mais propose des performances tout à fait honorables avec un 0 à 100 réalisé en 5.1s contre 4.4 pour le Cayman S en PDK avec une différence de seulement 5 kg sur la balance selon Porsche sur le poids à vide entre ces deux modèles.

Sa configuration est particulière car en partant d’un T synonyme d’allégement, celui-ci se voit équipé de quelques options conforts comme la climatisation, sièges chauffants et la radio. Excepté ceci, on retrouve la boîte de vitesses PDK à 7 rapports, le pack Sport Chrono, les suspensions PASM, le différentiel arrière PTV ou encore l’échappement Sport. Voilà qui promet un joli duel…

Je décide de prendre en premier le volant du Cayman S en direction d’une belle route de montagne que nous connaissons bien et parfaite pour ce comparatif. Le Cayman, tout comme le Boxster, présente cette facilité de prise en main pour une Porsche, surtout comparé aux 911 même modernes qui arrivent difficilement à gommer le côté sac à dos du moteur demandant quelques notions pour être emmenées loin en pilotage à la limite. Avec le Cayman ou le Boxster, le moteur central arrière assure cet équilibre des masses et fait rapidement oublier que les chevaux sont délivrés aux roues arrière. Toutefois, il faut le garder dans un coin de sa tête lorsqu’on dépasse les limites physiques de l’auto.

On pourrait discuter des heures sur ce 4 cylindres qui a déjà fait couler beaucoup d’encre. Hérésie pour certains, retour aux sources du 718 pour d’autres, il ne sonne clairement pas comme un flat 6 mais le 2.5 s’en sort particulièrement bien. Les ingénieurs ont travaillé le son pour qu’il soit plus présent et certainement aussi pour faire oublier le 4 cylindres. C’est à se demander quel moteur se cache derrière les sièges et c’est encore plus flagrant en passant du Cayman S au Boxster T dont le 2.0 est plus feutré mais dont le turbo se fait par contre légèrement plus entendre (à peine perceptible malgré tout). Seul inconvénient du Cayman, il faut ouvrir les fenêtres, c’est un petit peu plus facile sur le Boxster.

Le Cayman S demande à monter dans les tours avec une boîte PDK à 7 rapports qui veille cependant à la machinerie, le couple maximum est disponible de 2100 à 4500 tr/min avec une puissance maxi qui grimpe à 6500 tr/min. C’est assez haut pour un moteur turbo qui ne donne pas l’impression de donner le temps de s’essouffler en approche de la zone rouge. Le Boxster T est très proche de ces performances avec une courbe de couple maximum disponible très légèrement plus tard (si on dire que 50 tr/min soit vraiment un écart…) avec la puissance disponible aussi jusqu’à 6500 tr/min mais le 2.0, même s’il s’efforce aussi à monter haut dans les tours, avoue plus rapidement sa limite au-delà. Les ingénieurs de Weissach sont forts mais il existe des lois malgré tout.

C’est bien beau de sortir les chevaux, mais le freinage dans tout cela? Il nous sera difficile d’être surpris par le freinage du Cayman qui venait de subir une maintenance y compris le changement des plaquettes, nous laissant un peu sur notre faim.

Toute proportion gardée, nous sommes face à des disques et des étriers plus imposants que sur le Boxster T mais ce dernier nous facilitera plus la tâche au moment de réaliser des freinages dégressifs avec une véritable sensation sur la pédale nous autorisant à aller chercher encore plus loin même en descente jusqu’au moment où la température du système nous demandera de lever le pied sans véritable appréhension de se retrouver la pédale au fond comme nous aurions pu être confrontés avec d’autres marques. Porsche sait au moins prendre soin des pilotes en proposant un système de frein qui vous garantit un retour à la pédale sans passer du ON au OFF d’un seul coup.

L’essai du Cayman se poursuit donc avec des périodes de calme et d’autres où les chevaux sont au galop. Ces sensations sont toujours extraordinaires pour une auto de route, les courbes sont avalées sur un simple coup de volant à de très jolies vitesses. Si la route est très fortement dégradée, les jantes de 20 pouces vont très vite vous le rappeler mais il faut réellement que la route soit dégueulasse. Les suspensions travaillent pour absorber au mieux et tenir au plus le Cayman sur la route avec, compte tenu de la rigidité structurelle, quelques passages sur 3 roues visibles lorsque nous avons suivi plus tard avec le Boxster T.

C’est d’ailleurs le moment de passer sur le Boxster T. Difficile de se dire que nous allons perdre 50 chevaux dès le départ et pourtant il se débrouille très bien. Le bruit est différent, il met moins dans l’ambiance que le 2.5. Les freins ont cette réponse instantanée où certains vont lui trouver peut-être un défaut pour doser en conduite normale face au Cayman S mais personnellement c’est tout ce que j’aime.

En ligne droite, la différence se fait ressentir en partant du bas régime mais il profite bien en bout de course pour ne pas perdre de retard sans pour autant le rattraper. Si vous aimez être devant, ce n’est pas le 2.0 qu’il vous faut, par contre si vous aimez le challenge de ne pas trop perdre en distance sur une petite bourre, c’est lui qui vous donnera le smile.

Le Boxster T est vendu pour être l’expression la plus simple du 718, le bon de commande neuf de celui-ci a échappé un peu au principe mais le rouge Indien avec le lettrage et la couleur des jantes en font une auto désirable et les sensations cheveux au vent sont décuplées. Aurais-je les mêmes sensations au volant du Cayman T? à voir…

J’ai pris les mêmes courbes qu’avec le Cayman, avec les mêmes vitesses de passage, j’avais réellement cette impression de pouvoir plus facilement balancer le Boxster T que le Cayman S, d’être plus à l’aise aussi au point d’aller chercher plus facilement les limites du train arrière. Sentir que le volant durcit dans la courbe et pourtant de pouvoir encore en rajouter est particulièrement jouissif. En suivant le Cayman S et tentant de ne pas trop perdre de terrain, avoir le train arrière qui déleste à plusieurs reprises et le compte-tours qui s’emballe sans avoir de crainte ne m’a jamais paru aussi bon! Reste que le son est plus discret, c’est fortement dommage eu égard à ces passes d’armes entre le Cayman S et le Boxster T sur la route.

L’essai se termine avec les deux réservoirs vides, quelle surprise! Nous annonçant aussi qu’il est peut-être temps de rentrer même si un col ou deux de plus ne nous aurait pas forcement contrariés. Alors pour laquelle signe-t-on virtuellement?

Il y a 5000 euros de différence à l’achat en occasion entre ces deux modèles à l’heure où nous écrivons cet article, le Boxster étant le plus cher des deux. La conclusion est très simple si vous êtes limités sur le budget mais devient plus complexe si les deux sont dedans. Boxster T 2019 2.0 300 chevaux? Cayman S 2018 2.5 350 chevaux? L’équation est pourtant simple sur le papier, le plus performant est le moins cher dans notre comparatif mais une fois au volant, « la question est moins vite répondue » sans pour autant entrer dans le débat coupé versus cabriolet qui n’est que subjectif. La configuration du Cayman S de l’essai est particulièrement différente alors que le Boxster T sera plus « facile » tous les jours mais ce n’est pas là que pour moi tout se joue. Vous voulez être devant avec des sensations plus faciles à maîtriser, le Cayman S est fait pour vous. Vous souhaitez être surpris par le pilotage plus immersif du 2.0 qui vous poussera à sortir certainement de votre zone de confort sur les sorties clubs, foncez sur le Boxster T. Je n’avais jamais eu l’occasion d’essayer le flat 4 2.0 le même jour que le 2.5 ce qui tend à avoir une conclusion parfois trompeuse sur les sensations au volant, maintenant que c’est chose faite je suis bien dans l’embarras car mon instinct primaire me donne toujours envie d’avoir plus alors que parfois moins est mieux. En tout cas, c’est mon ressenti après ces quelques heures d’essai comparatif entre ces deux. La seule chose que je pourrais certainement regretter étant le son du 2.5 qui apporte ce petit plus. Pour le reste, je préfère être le chasseur que le chassé alors si je le pouvais, c’est bien avec le Boxster T que nous serions rentrés à la maison.

Nous remercions Louis et Romain de Jean Lain Heritage pour leur participation active et l’organisation dans ce comparatif entre ces superbes Cayman S bleu Miami et Boxster T rouge Indien. www.jeanlainheritage.com Photos: Driveshaft.fr

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