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Ma vision du salon Epoqu’Auto 2021

Retrouvez plus de 300 photos en bas de page: Espace F1, Simca, Porsche RS, Porsche 356, Renault Classic, Peugeot 205 GTI ,… Bref toutes nos photos du salon.

Nouveau record de visiteurs au salon Epoqu’Auto édition 2021 (42ième édition): 82 200 personnes (70 000 en 2019) se sont déplacées à Lyon Eurexpo début novembre pour voir ce qui se fait de mieux dans le monde de la voiture ancienne, mais aussi parfois le pire, à travers les halls 4, 5, 6 et 7 et plus de 800 exposants français et étrangers, marchands et restaurateurs professionnels de voitures et de motos, spécialistes en pièces détachées, des artisans, vendeurs de miniatures, de jouets, journaux et clubs de marques.

Les 22 responsables d’activités et plus de 200 volontaires ont travaillé dur pendant trois jours sur les 70 000 m² couverts pour accueillir ce beau monde. Et du monde, il y en avait déjà dès ce vendredi matin où il était déjà parfois difficile de circuler dans certaines allées et de prendre certains véhicules en photo pour celles et ceux qui ont déjà pu rentrer après avoir bravé les très longues queues à l’arrivée.

Mes premières déambulations dans les allées m’ont amené tout de suite sur le magnifique plateau de la fondation Berliet qui revenait cette année sur la production de véhicules de services municipaux à travers six véhicules de 1921 à 1950: la balayeuse Laffly type 2 de 1921 ayant assurée sa mission à Grenoble pendant plus de 20 ans, l’autopompe incendie Rochet-Schneider de 1921 avec matériel incendie Delahaye en service à la chocolaterie Menier et la ville de Noisiel, le chasse-neige Latil TL 4X4 de 1924 avec sa lame relevable en bois qu’il fallait enduire de cire d’abeille pour éviter que la neige adhère dessus et avait été exposé aux JO d’Albertville de 1992, le CBA « sécurité ou sauvetage terrestre » de 1919, l’arroseuse-balayeuse de Dion-Bouton de 1926 et un Panhard type 185 de 1952 portant l’inscription « ville de Chambéry » pour une présentation au JO d’Albertville également mais ayant été de service dans la ville de Saint-Nazaire auparavant.

Le plateau consacré aux véhicules utilitaires présents pour la seconde fois sur ce salon proposait une mise en lumière de véhicules issus de la production Simca Industrie. Le moins que l’on puisse dire est que la vingtaine de véhicules présentés, aux côtés d’utilitaires Renault, Berliet ou Scania en imposait avec d’autres Unic ou tracteurs agricoles.

Prenant un peu moins de place mais tout aussi impressionnant, Simca s’exposait, avec quatre plateaux dans le salon, pour raconter les 50 ans de son histoire avec plus de 80 autos (véhicules industriels inclus), certaines plutôt rares, d’autres réveillant les souvenirs de jeunesse du temps des balades dans les autos de leur père, oncle, cousin, grand-père… Le plateau principal couvrait la production Simca de toutes les époques avec 32 véhicules des Simca-Fiat (lorsque qu’Henri-Théodore Pigozzi, italien, arrive en France dans les années 20 et fonde en 1934 la Société Industrielle de Mécanique et de Carrosserie Automobile SIMCA après s’être lancé dans la distribution des voitures Fiat en France en 1926 et assemblé sous licence les Fiat dans son atelier de Suresne) jusqu’à la Samba cabriolet en passant par les Aronde, Simca 1000 ou encore Chrysler.

Et oui Chrysler avait mis la main sur 15% des actions de l’usine de Poissy avant d’obtenir la majorité en 1963 et rebaptisera Simca en Chrysler France après avoir obtenu la quasi-totalité du capital en 1970. Peugeot mettra la main sur Chrysler France en 1978 pour tenter la résurrection de la marque Talbot qui remplacera Simca en concession avant que l’échec soit officialisé en 1986 et la fin définitive de l’aventure. Mes premiers souvenirs automobile remontant à l’Horizon de mes parents à cette époque justement alors que je n’étais qu’un tout petit enfant, c’est forcément une remontée de souvenirs qui me parvient à la vue de ces autos.

Un second plateau était sous le dôme avec une dizaine de véhicules, des exemplaires parfois uniques comme la Sunbeam Lotus Proto Fréquelin.

Le dernier plateau Simca était dédié aux autos sportives, celui qui m’a forcément le plus attiré, du temps où les constructeurs de l’hexagone s’intéressaient aux voitures sportives pour les avances technologiques qu’elles proposaient alors que ce type de voiture est boudé aujoud’hui à cause de l’autophobie. Bref, un beau cadeau pour les visiteurs de voir ces Simca 1000 Rallye, Rallye 1, 2, 3, Sunbeam Lotus ou Samba Rallye. En tout cas, un beau cadeau pour moi.

La marque Bentley et sa saga légendaire investissait le plateau prestige sur 500 m² avec des autos de 1924 à 2003 et l’ère Volkswagen en passant par la période Rolls-Royce. 19 autos, pour la plupart d’avant-guerre.

Les Tricyclecars fermaient la marche des plateaux spécifiques.

Espace marchands et revendeurs. Point noir pour moi du salon, même de tous les salons où le meilleur côtoie souvent le pire. Selon le communiqué de presse du salon, à la fin de l’été, 92% des stands étaient réservés ce qui correspond à 480 inscrits avec 80 revendeurs de voitures ou carrossiers. Certains proposent réellement de beaux produits, même parmi les vendeurs de pièces, mais d’autres ne partagent pas cet amour pour l’automobile. L’organisation spaciale également du salon pose pour moi un problème car tout se mélange et nous devons parfois traverser inutilement les espaces marchands pour se retrouver dans les espaces  autos.

La qualité des pièces, des autos ou encore le discours des vendeurs ne font pas toujours honneur au salon ni à sa réputation. Quel spécialiste de la marque Audi ne s’est pas posé de questions en voyant un Ur quattro affiché presque 80 000 euros avec une « belle » peinture mais de nombreux éléments spécifiques manquants ou cassés et pourtant signalé comme en excellent état? Ou encore une 911 backdatée d’inspiration Singer avec des finitions qui tentent de cacher un travail désastreux mais proposée cependant à prix d’or?

Heureusement qu’il ne s’agit pas de la totalité des exposants. On trouve des véhicules magnifiques dans les allées du salon mais toutefois on constate une évolution dans les restaurations. Il y a quelques années, ces restaurations ne concernaient que des véhicules exclusifs ou rares, l’évolution des envies et du marché autorise aujourd’hui de sauver des autos dont le côté historique est moins important que le côté affectif « madeleine de Proust ». Le marché permet enfin de faire monter ces autos vers le haut, sans parler de finance, mais de sauvetage du patrimoine.

Renault Classic avait d’ailleurs mis le paquet pour les 60 ans de la fameuse 4L dont la valeur pécuniaire ne représente pas ce qui se fait de plus rentable aujourd’hui pour les « investisseurs ».

Les clubs relèvent également le niveau du salon. Grâce à eux, nous pouvons approcher des véhicules qui n’intéressent pas forcément les investisseurs. Au-delà des véhicules, on ressent également sur ces stands l’amitié et la sympathie de faire découvrir des véhicules à sauver. La passion en fait!

La traditionnelle vente Osenat n’a pas, à mon sens, réservé de grosse surprise excepté des lettres de Ettore Bugatti adjugées 12 400 euros pour une estimation de maximum 2000 euros. Les véhicules ne semblent pas avoir explosé les compteurs, certains n’ayant même pas été adjugés. Bon ou pas bon? Je ne sais pas, même les populaires très en vogue ne se sont pas forcément arrachées, j’entends par là ne pas avoir dépassé les estimations des experts ou de très peu, et les autos déjà affichées à de beaux tarifs la même chose alors qu’elles s’arrachaient il y a quelques années.

Je vais terminer cet article sur une note un peu spéciale. Paraît-il qu’il faut vivre avec son temps et que dans Epoqu’Auto il y a « époque ». Epoque un peu bizarre mais est-on prêt à voir des sociétés de rétrofit dans les allées de ce salon? Moi pas, du coup ce panneau avec beaucoup d’humour sur un stand de club Peugeot prend tout son sens à mes yeux.

Malgré quelques points noirs du salon et mon temps limité dans mon agenda qui ne m’a pas permis de me balader sur le parking extérieur réservé aux voitures anciennes, je tiens à remercier les organisateurs et bénévoles de ce salon. Même si tout n’est pas bon à prendre, difficile d’être parfait lorsqu’on parle de 70 000 m² de salon, il est bon de retrouver les amis et de voir ces quelques belles autos et d’accéder à des plateaux et clubs mythiques. La prochaine édition aura lieu le premier week-end de novembre 2022. Photos: Driveshaft.fr