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Restauration Audi Sport quattro bleu Copenhague

Je vois la vie en bleu, c’est un peu ce que je me dis à chaque fois que j’ai l’occasion de m’installer à bord de ce Sport quattro châssis N°163 bleu Copenhague affichant moins de 22 000 km.

Mais avant d’être remis dans sa configuration d’origine, ce Sport quattro revient de loin. Son ancienne vie l’ayant transformé en rouge/bordeaux, couleur non proposée au catalogue qui comptait le bleu Copenhague, vert Malachite, blanc Alpin et rouge Tornado ( et noir pour seulement deux exemplaires).

C’est à ce moment-là que nous intervenons en 2016 pour suivre l’évolution de sa métamorphose, ou du moins le début de sa nouvelle vie avec un démontage quasiment complet, le bleu avait complètement disparu sauf sous le tableau de bord donc la concession Jean Lain Autosport de Chambéry n’a pas vraiment eu le choix.

La belle nous montre alors ses dessous, à l’arrière le petit étrier flottant sert de frein à main alors que les étriers arrière sont composés de deux pistons de 32 mm et les étriers avant de pistons en 42 mm.

Présenté en 1983 au salon de Francfort, le Sport quattro est arrivé sur le marché grâce à l’homologation nécessaire en Groupe B pour contrer la concurrence de plus en plus féroce. Il s’agit, certainement, de la plus « daily » des versions civiles de cette catégorie comparé aux 205 T16 ou autres Lancia Delta s4, ce qui en fait sa force aujourd’hui l’a mené presque à sa perte à l’époque avec son architecture à quatre roues motrices et moteur en porte-à-faux avant lors du réveil en force des autres constructeurs.

Face à l’Ur-quattro, le Sport quattro est réduit de 32 cm dans le dos du conducteur, mais l’évolution importante de la face avant (+ 50 mm) ne lui confère qu’une différence de 24 cm au total. L’Ur faisant 4,404 m contre 4,16 m pour le Sport.

 Par contre, le Sport quattro prend des épaules avec 95 mm en plus sur le train avant et 34 mm sur l’essieu arrière, nécessaire pour passer les pneumatiques en 235/45 VR15 chaussant les jantes en 9X15.

Sachez qu’un Ur fait 1,723 m de large contre 1,78 pour le Sport.

Autre différence bien notable, le Sport quattro est issu de l’Audi 80 berline jusqu’à la colonne B, ce qui impose un pare-brise légèrement moins incliné que l’Ur-quattro. Le châssis étant modifié, les places arrière deviennent anecdotiques.

La caisse est préparée pour la mise en peinture. Les ailes, les éléments latéraux arrière, le capot moteur, le toit et les pare-chocs sont en Kevlar multicouche, de résine d’époxy et additifs pour emboutissage sous vide réalisé par l’entreprise suisse Seger & Hoffmann à raison d’une seule carrosserie par jour. Il s’agit d’éléments difficiles à travailler par conséquent et je ne vous parle même pas du stress lors de l’ouverture du capot spécifique.

Le moteur est parti chez Lehmann en Allemagne pour une réfection totale. Pour avoir eu l’occasion d’être passager lors d’un tournage vidéo, je peux vous dire que ça souffle, tard, mais ça souffle. On retrouve les 306 chevaux et 350 Nm du bloc 5 cylindres turbo (KKK K27).

Sur la base du 5 cylindres mais en remplaçant la fonte par l’aluminium pour gagner 23 kg sur le bloc, la cylindrée est descendue volontairement à 2133 cm3 afin de satisfaire au coefficient 1,4 imposé au moteur turbo afin de rester sous la barre des 3000 cm3 et peser moins de 1000 kg pour la version rallye. On notera aussi l’arrivée des 20 soupapes.

 L’intérieur est toujours équipé des trois manomètres additionnels informant le pilote sur la température d’eau, d’huile et la pression d’huile.

Entorse à l’origine, le volant Nardi siglé Audi sport de la version UR quattro 20V remplace le volant 4 branches d’origine.

Le remontage a pris du temps, notamment pour la recherche du pare-brise importé d’un spécialiste des Sport quattro en Hollande.

Le retour du bleu Copenhague rend grâce à cette carrosserie exceptionnelle puisque seulement 21 Audi Sport quattro avaient été peints de cette couleur.

Elle est maintenant, à quelques détails, presque terminée mais rien ne l’empêche de rouler aujourd’hui pour notre plus grand plaisir…et ce son du 5 cylindres turbo et sa poussée est démoniaque.

Nous avons régulièrement l’occasion de croiser sa route, notamment lors de l’exposition des 40 ans du quattro (voir notre article).

Retrouvez ci-dessous l’ensemble de nos photos réalisées lors de la restauration.

Nous remercions la concession Jean Lain Autosport de Chambéry de nous avoir permis de suivre cette restauration plutôt rare dans nos contrées, plus particulièrement Cédric Debroux, expert produit de la marque.
Photos: Driveshaft.fr

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