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Road-trip au col du Mont-Cenis

Le col du Mont-Cenis, passage entre l’Italie et la France, culmine à seulement 2083 m d’altitude mais présente certainement le plus de dépaysement possible en seulement quelques kilomètres.

L’accès se fait depuis le village de Lanslebourg-Mont-Cenis ou Lanslevillard en débutant par une belle montée rapide en forêt. Cette route est utilisée l’hiver pour le ski et n’est ouverte que de mai à novembre selon les conditions climatiques en reliant la vallée de la Maurienne en France au val de Suse en Italie ce qui implique parfois beaucoup de circulation. La première partie est variée, de la forêt à quelques champs/pistes de ski mais aussi virages rapides, enchainements avec changement d’appuis brutaux, épingles…bref une jolie montée avant d’arriver d’un coup au col au détour d’un virage.

L’histoire du col est très longue et franchement je ne vais pas vous en faire un résumé trop barbant, juste que le col était la frontière entre la France et l’Italie de 1860 à 1947 avant d’être intégrée au territoire français  en vertu des réparations de guerre de l’Italie envers la France et afin de restituer ce territoire aux communes savoyardes pour que la Maurienne retrouve ses frontières. Charlemagne, Pépin le Bref ou encore Hannibal marchèrent sur le col mais ce fut un futur ministre de Bonaparte qui modernisa le plus la route du col. A noter que l’empereur Napoléon III créa une ligne de chemin de fer passant par le col mais ne fut exploitée que pendant 3 ans entre 1868 et 1871 du fait du tunnel ferroviaire du Mont-Cenis et a totalement disparu depuis mais on peut encore apercevoir quelques vestiges. Le col fut aussi le témoin de batailles intenses lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Une fois au col, vous arrivez sur un long plateau. Attention la maréchaussée est très souvent présente et vous voit de très très loin. Ce plateau donne une vue imprenable sur le lac du Mont-Cenis dont la construction du barrage a revu considérablement le paysage en engloutissant chalets d’alpage et un hospice.

Au plateau, nous trouvons un jardin alpin au-dessus du lac d’environ 315 million de mètres cubes (6ième plus grande retenue d’eau artificielle de France). La chapelle de forme pyramidale a été édifiée par EDF suite à la disparition sous les eaux d’un prieuré.

Le col est aujourd’hui très touristique mais il ne faut pas oublier qu’avant l’ouverture du tunnel du Fréjus en 1980, c’était un lieu de passage important pour le commerce entre la France et l’Italie, c’est beaucoup plus calme aujourd’hui (à nuancer toutefois…) lorsque les touristes sont respectueux des lieux (pas toujours le cas) pour le plus grand bonheur des marmottes.

Nous avons découvert une magnifique route longeant le lac avec cette impression d’être dans les Highlands et sur les routes d’essai préférées du magazine Evo. Il s’agit également de la route du col du Petit Mont-Cenis difficilement carrossable mais qui vous permet de monter à 2183 m.

Le temps y est, comme toujours en montagne, très changeant et donne parfois une impression étonnante à l’atmosphère qui s’en dégage.

Avec quelques kilomètres de marche, on peut aussi tomber sur des choses bizarres et drôles comme cette cabine téléphonique pour le plus grand bonheur des touristes.

La descente s’amorce en direction de l’Italie par quelques épingles avant la douane. Le barrage n’est pas typique comme celui de Tignes ou Roselend mais se compose seulement de terre et d’argile. On pourra voir apparaitre également de nombreux vestiges comme des forts sur les montagnes autour du col.

Le village de Grand-Croix  au pied du barrage est alors abandonné à l’exception de quelques résidences secondaires du fait du barrage mais aussi par la chute du trafic routier.

Attention au danger si vous vous y baladez.

Cependant c’est le moyen de faire quelques photos magiques.

La descente vers l’Italie est assez brutale au départ en longeant le torrent puis ensuite plus douce.

Vous tomberez sur ces petites maisons cantonnières au nombre de 23 qui vers 1807 étaient occupées par 75 personnes en charge du déneigement.

Notre avis? Encore un col à faire hors saison car le trafic touristique y est tout de même assez important aujourd’hui et attention aux nombreux cyclistes comme sur tous les cols. A noter aussi les motards italiens qui à une époque (encore aujourd’hui?) avaient un groupe pour se chronomètrer entre Suse et Lanslebourg au péril de leur vie mais aussi des autres usagers car ils roulent vraiment comme sur piste sans se soucier de ce qu’il y a autour d’eux…imaginez-vous vous retrouver dans un virage à droite sans visibilité avec un motard au niveau de votre porte gauche et une voiture qui arrive en face, c’est ce que nous avons connu alors rouler vite oui, mais pas n’importe comment!! Excepté cela, c’est un plaisir de pouvoir s’y balader en semaine ou de faire une monter juste pour le plaisir, sans chrono…Le col est à intégrer dans un road-trip puisque vous pouvez rejoindre le col de l’Iseran ou encore le col du Galibier après quelques kilomètres en Italie et le Lautaret. Photos: Driveshaft.fr

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